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Drôle de signe du destin quand je pense que j'ai mis un pied il y a 20 ans dans l'univers de la BD "adulte" avec La Femme Piège de Bilal.
Oui, je sais, c'est le second volet d'une trilogie et blablabla, mais quand on a 16 ans, on fait avec les moyens du bord. En l'occurrence, ce tome avait été offert à mon père.
Bref, j'ai dévoré La Femme Piège et non, je n'ai pas couru chercher La Foire aux Immortels et Froid Équateur car... je ne connaissais pas (j'en rougis de
l'écrire). En revanche, j'en ais acheté d'autres, au pif.
Au pif donc, je me suis équipée de l'intégrale de l'Incal et du Grand pouvoir du Chninkel. Wow !! Bonne pioche m'dame ! Et c'est là que tout a commencé...
Bref, retour aux sources donc, un Bilal.
Première impression : la BD sera longue à lire.
J'ai suivi avec peine chacun des personnages principaux tour à tour.... jusqu'à ce qu'ils se rencontrent. Le récit des premières pages est saccadé (il faut compter une quarantaine de
pages tout de même).
Les personnages évoluent dans un décor réellement atypique, ce qui permet de toucher du doigt leurs fragilités. Bilal sait utiliser à souhait leurs côtés mystérieux, mais... on les entend
respirer. C'est assez incroyable pour du Bilal je trouve. On a de l'empathie à leur égard. Peut-être que ce qui les rend touchant est cette incertitude, cet espoir auquel ils se
raccrochent ?
Un peu de "réchauffé" tout de même puisque Bilal nous ressert le coup de la seconde peau (merci Warehole, marci Nikopol).
Le côté écolo de l'histoire contraste avec ce à quoi je m'étais habituée ces derniers temps chez Bilal : de la SF intello sans fondements, des discours inaccessibles, des théories
futiles, des sociétés stériles. Etes-vous parvenus, vous, à finir sans peine le tome 4 du Sommeil du Monstre ? Que l'on se rassure, dans Animal'z, on n'échappe pas aux
"nihilistes néo-nietzchéens". Mais ils ne sont présents qu'à dose homéopathique.
Cet album a du style. On y prend le temps de s'arrêter sur des cases qui prennent parfois la moitié voire les 3/4 d'une planche.
Le style de dessin est brut et épuré.
Bilal a un peu mis de côté son ordi, pour la colorisation, et ce n'est pas plus mal.
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