Kyoto, décembre 1966. Hamaguchi (pour ne pas dire Taniguchi) travaille dans une entreprise de textile. Solitaire, dévoué, il ne se plaît pas dans le poste
qu'il occupe. Ses compétences ne sont pas reconnues, il se retrouve en situation de surveiller les déplacements et fréquentations de la fille de son patron... il envisage de quitter son
travail.
Lors d'une visite à Tokyo où il retrouve son meilleur ami, il a l'occasion de faire un essai pour un poste d'assistant mangaka...
L'introduction est faite, Taniguchi se remémorre dans cet album ses premières années de mangaka.
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Le style, le graphisme, des personnages très humanisés... mais aussi le travail, les relations affectives, le rapport aux proches... voici les ingrédients
incontournables du maître mangaka.
L'imaginer donc en situation d'apprentissage est un exercice de style qui n'est pas évident, d'autant que Taniguchi nous confie à livre ouvert les appréhensions qui l'ont animées et qui
doivent l'animer encore : celles de la difficulté de trouver une trame de scénario, celles de la difficulté de représenter au plus juste les sentiiments des personnages de ses fictions,
celles de plaire à une femme, à un public... celle de la satisfaction et du plaisir de pouvoir donner libre cours à sa passion.
On retrouve un personnage assez solitaire aussi.
L'intérêt aussi de pouvoir poser un regard sur les ateliers de mangakas et l'organisation qui peut graviter autour.
Ce qui reste incroyable chez Taniguchi, c'est que quelque soit l'oeuvre ou le thème principal d'un ouvrage, l'auteur parvient toujours à s'adresser au lecteur de manière personnelle.
Comme une petite conscience qui murmure des leçons de vie nous forçant doucement à nous reprendre en main et arrêter de nous mentir.
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Je me suis déjà trouvée en situation d'avoir du mal à me mettre vraiment dans un album de TANIGUCHI... et puis d'un coup, sans que je m'en rende compte, l'album
m'emporte.
C'est ce qui c'est passé pour Un Zoo en Hiver.
Cette BD ne fait pas, pour moi, partie des meilleurs titres de Taniguchi, mais je retrouve ici un style qui me plaît plus. En effet, l'année passée (avec la sortie du Promeneur),
Taniguchi nous proposait un style plus contemplatif et un rythme très lent de récit. Un ouvrage qui serait plus un recueil de nouvelles, tout comme le Gourmet Solitaire.
Avec cet album très autobiographique, on retrouve du rythme et un récit construit.
Très bel album, très intime, l'auteur témoigne et nous permet de le connaître un peu mieux, sans qu'à aucun moment ne naisse une sorte de curiosité malsaine. L'ambiance de ses oeuvres est
toujours aussi apaisante.
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Jirô Taniguchi est né le 12 Août 1947 à Tottori. A l'âge de 4-5 ans, il commence à dessiner en imitant le mangaka célèbre de l'époque : Osamu Tezuka, puis à
partir du collège, il s'intéresse aux Gekiga (Mangas avec une histoire réaliste visant un public adulte). A son arrivée dans la vie active, il travaille quelques temps dans une compagnie
mais comprenant rapidement que ce type de métier n'est pas pour lui, il laisse tomber. Il est alors embauché, à l'âge de 19 ans, comme assistant de l'auteur de BD Kyûta Ishikawa.
Il travaillera pour lui pendant 6-7 ans tout en continuant de dessiner de son côté.
Il s'installe finalement à son compte au début des années 70 et démarre sa carrière avec Un Été Desséché. Cependant, ses histoires basées sur des animaux sauvages ne semblent pas
emballer les foules et il lui faudra attendre 1975 et sa rencontre avec le scénariste Natsuo Sekikawa pour que sa carrière prennent un nouveau tournant, même si le succès ne sera
pas au rendez-vous dès le début de leur collaboration. Ensemble, ils composent plusieurs manga de type Hard Boiled (genre assez violent dont les héros sont souvent des détectives privés,
des tueurs à gages) comme Hotel Harbour View, Lindo 3, Trouble is my business dont certains ont été traduits en anglais chez Viz Comics. En 1986, ils
décident de changer de style et de s'attaquer à un projet qu'avait Sekikawa de se replonger dans l'ère Meiji. C'est ainsi que se construira pendant plusieurs années la série en 5
tomes de Au temps de Botchan retraçant la vie d'auteurs célèbres de cette période dont, notamment, Natsume Soseki. En 1998, cette oeuvre remporte le Grand Prix aux Osamu
Tezuka Award. A noter aussi que sa publication a commencé en 2002 en France aux éditions du Seuil.
En parallèle, Taniguchi travaille sur d'autres projets comme Kaze no Shô, Yagyu Jûbei avec le scénariste Kan Furuyama ou en solo sur Inu o Kau qui remporte
en 1992 le 37ème Shogakukan Manga Award. En 1992, il commence la série de L'Homme qui marche, publié à un rythme étonnamment lent dans son pays d'origine. Par la suite, il va
alterner mangas intimistes (Le Journal de mon Père, Quartier Lointain) et mangas d'action (Blanco). Depuis 2001, il travaille en collaboration avec Baku
Yumemakura sur Kamigami no itadaki, une nouvelle aventure d'alpinisme. En 2003, Jirô Taniguchi a remporté 2 prix au Festival de la BD d'Angoulême pour son magnifique
Quartier Lointain.
Parmi les auteurs qui l'ont marqué, il cite Osamu Tezuka, Mitsuyoshi Sonoda et Ike Miyoichi pour les Japonais et Crespin, Caza et surtout Moebius
pour les occidentaux. Il collabora d'ailleurs avec ce dernier en 1997 sur la BD Icare publiée dans l'hebdomadaire japonnais Morning.
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